Genre: Plate-formes / action
Développeur: KONAMI
Console: Nintendo Game Boy Advance (GBA)
Année de sortie : 2001
Un nouveau Castlevania... dans la poche !
Si depuis la GameBoy la série Castlevania a été jouable sur une console portable, c'est en 2001 que débarque la saga de Konami sur la nouvelle machine portable Nintendo, bien plus puissante que la GameBoy: la GameBoy Advance ou GBA pour les
Parfois un peu négligé par rapport à Harmony of Dissonance (dont le test suivra sous peu), Circle of the Moon (Akumajo Dracula: Circle of the Moon) est un pas important dans la série des Belmont et aussi un jeu important de la ludothèque GBA.
Comme souvent, le joueur européen est considéré (si,si) comme un béotien du jeu vidéo: le jeu ne dispose pas du sous-titre "Circle of the Moon" (trop compliqué ?) et s'appelle simplement, bien trop simplement Castlevania.
Au niveau boîte, si l'édition US et UE (Union Européenne) sont sympathiques, il faut bien avouer que la version nippone est juste superbe:
Si vous avez un peu suivi mes tests des Castlevania, vous avez noter (merci de ta fidélité cher ami lecteur) que la censure, cruelle, impitoyable, a beaucoup sévi dans le passé sur les versions UE de la série. Mais, en 2001, le jeu vidéo est bien plus "contrôlé" et les versions UE et US sont identiques à celle du Japon.... c'est à dire assez prudentes.
Les titres et les textes varient évidemment selon le langage des pays...
Le jeu est développé par KCET et édité par Konami.
A sa sortie, Konami a situé le jeu chronologiquement entre Symphony of the Night (Playstation, j'espère me pencher dessus pour un beau test un de ces jours) et l'ouvrage de Bram Stocker. Mais, en 2003, Konami a annulé cette position à la sortie de Harmony of Dissonance...
Dernière chose: au Japon, en 2005, les 3 jeux Castlevania de la GBA (Circle of the Moon, Harmony of Dissonance et Aria of Sorrow) sont sortis ensemble dans une édition "Konami The Best" (Castlevania - Akatsuki No Minuet).
Hurler à la Lune !
Le scénario du jeu est digne de la tradition des précédents Castlevania: en 1820, Dracula, vampire de son état, est anéanti par Morris Baldwin et les parents de Nathan Graves.
Dix ans plus tard, en 1830 donc, le démon Camilla redonne vie à Dracula parce que bon, il manquait... Morris, suivi de ses deux apprentis, son fils Hughes et Nathan Graves (dont les parents sont morts en combattant le comte), se rendent immédiatement dans le château maudit. Morris est enlevé à la vue de ses deux protégés qui se jettent alors dans la mêlée pour sauver leur maître et, accessoirement, re-tuer le comte assoiffé de sang.
Pendant que Hughes suit son chemin, vous incarnez Nathan Graves.
Le titre du jeu est... allez, je vais être méchant pour une fois... est une honte !
Juste "CASTLEVANIA" ??? Non, mais ça ne va pas là ou quoi ? Après une série de jeux sur de multiples consoles, on nous sort un énième opus sur GBA et c'est juste, en Europe, "Castlevania" ? RIdicule !
La GBA se des chaînes !
Graphiquement, on sent très vite l'inspiration très forte de Symphony of the Night, adaptée à la portable Nintendo et on est bien loin des graphismes GameBoy. Quel plaisir d'avoir en main un Castlevania portable aussi finement réalisé avec des sprites vraiment grands, des couleurs par dizaines, des détails un peu partout... la seule limite semble être la résolution de l'écran, un peu faiblarde hélas.
Les décors sont variés, profonds et décorés avec un soin étonnant. Les fonds notamment, souvent sombres, sont magnifiques !
Deux points tempèrent cependant mon enthousiasme: la rigidité du personnage et sa démarche que je trouve saccadée. Bon, passons...
L'animation est basée solidement sur un scrolling horizontal classique mais très efficace et jamais pris en défaut dans le jeu, même avec un gros boss ou un bon nombre d'ennemis à vos trousses.
On note quelques effets sympathiques et agréables qui soutiennent encore une fois l'impression de sérieux de la réalisation.
Ah, détail intéressant: le jeu est quand même sombre et l'écran de la GBA n'aide pas. Si vous pouvez, préférez jouer sur GBA SP, GBA micro ou carrément sur DS ! Circle of the moon redevient grandiose !
A la fois libre et linéaire....
Reprenant le gameplay inauguré sur Playstation avec le sublime SOTN, cet épisode vous laisse quasi libre de vous promener bien gentiment dans le château en fonction des capacités acquises.
Les sauvegardes sont disséminées dans différentes pièces en nombre suffisant et des téléporteurs aident un peu aussi.
Les zones du château:
- les catacombes
- l'escalier des abysses
- la salle d'audience
- la tour de l'horloge (un grand classique)
- le corridor éternel
- la chapelle
- l'entrepot souterrain
- le canal souterrain
- les murs extérieurs
- le hall
- l'arène de combat
- la tour d'observation
- la pièce de cérémonie
- les galeries souterraines
Oui, oui, ça fait pas mal !
La tête (de mort) dans la Lune
La jouabilité est très bien pensée et on est très vite à l'aise avec la GBA en main. Au début, la palette d'actions est assez limitée mais on en apprend vite d'autres. Au pire des cas, tout cela peut être configuré.
Evidemment, à la base, on sait marcher, donner un coup de fouet en appuyant sur B, sauter grâce au bouton A, tacler en appuyant sur bas + A et utiliser une arme secondaire avec haut+B (ce qui consomme un certain nombre de coeurs selon l'arme : couteau, eau bénite, hache...).
Le bouton start permet d'accéder au menu et select à la carte du château.
Les gâchettes L et R sont réservées à la magie pour celle de gauche (L) et aux mouvements spéciaux pour celle de droite (R).
En battant des ennemis (boss surtout), on acquiert de nouveaux mouvements.
Notons aussi que notre héros, Nathan Graves (pas de Belmont ici), se déplace avec fluidité. Le problème de saut des Belmont est corrigé en grande partie.
Le système de jeu est un peu orienté RPG avec la présence d'un inventaire: les objets (bague, nourriture, potion, armure...) sont laissés par les monstres vaincus et équipent votre héros (aux bras ou sur le torse selon l'objet) ou le soignent. Alors, les statistiques du personnage évoluent sur différents critères comme la force, la capacité à se défendre, l'intelligence (ben oui) et même le facteur chance.
De plus, il y a une acquisition d'expérience avec des points qui viendront augmenter votre capital à chaque ennemi tué. Evidemment, plus de points induit plus de force et une notion de progression encore assez orientée RPG.
Le cercle des vampires disparus
Circle of the moon présente d'autres originalités comme son DSS pour Dual Setup System.
En battant certains monstres (vous les reconnaitrez aisément mais on n'obtient pas forcément un carte à chaque fois), on reçoit des cartes de deux types (action ou attribut). Il y en a 10 de chaque type soit 20 au total.
Le facteur chance dont je parlais plus haut est important pour les cartes car il influence la probabilité d'avoir des cartes en tuant ces ennemis particuliers.
Les DSS action sont inspirés des dieux romains: Mercure, Vénus, Jupiter, Mars, Diane, Apollon, Neptune, Saturne, Uranus et Pluton. Ils influencent la forme du pouvoir utilisé (fouet, arme secondaire, caractéristiques...).
Les DSS attribut sont inspirés de créatures comme la salamandre, le serpent, la mandragore, le golem, la cocatrix, la manticore, le griffon, l’oiseau-tonnerre, la licorne ou le chien noir. Ils influencent la nature du pouvoir (l'élément: feu, glace...).
Ensuite, une fois les cartes dans l'inventaire, on peut les combiner pour activer des pouvoirs variés et plus ou moins efficaces qui consomment évidemment des points de magie.
Décidément, le côté RPG du jeu est quand même prononcé !
Fly me to the circle of the moon
Sur le plan musical, le constat est mitigé alors que la série Castlevania, sur 16bits, nous avait habitué à des thèmes musicaux et à une qualité extraordinaire (je pense à Castlevania IV notamment).
1. La quantité: les thèmes retenus sur Circle of the Moon sont au nombre de dix:
- Aquarius dans les galeries souterraines
- Catacombs dans... les catacombes
- Clockwork pour la... tour de l'horloge évidemment.
- Clockwork mansion pour l'entrepot souterrain.
- Dance of illusion pour la chambre de cérémonie (au début)
- Proof of blood pour la suite des hostilités dans la chambre de cérémonie
- Fate to despair pour le corridor éternel et la chapelle
- Nightmare pour le canal souterrain
- Vampire Killer (un classique) pour la tour d'observation
- The sinking old sanctuary pour... le reste du jeu.
2. la qualité: étrangement elle n'est pas aussi bonne qu'on pourrait le penser. Le processeur de la GBA est capable de mieux et même si c'est un peu mieux au casque qu'avec les petits haut-parleurs, ce n'est pas génial.
Les voix digitalisées passent assez bien mais elles ne sont évidemment pas nombreuses (le support cartouche limite pas mal les choses face au disques optiques). Les bruitages sont corrects et dans la lignée de la saga de Konami.
3. The sinking old sanctuary est un thème sympathique, issu du jeu MegaDrive (testé par votre serviteur), mais on l'entend presque la moitié du jeu ! L'équilibre est assez étrange entre ce thème dont on sature à force et certains, très bons mais bien trop rares !
Le muppet show
Le bestiaire du jeu est pléthorique avec énormément d'ennemis différents comme le zombie, le squelette, l'hypogriffe, Zombie, la créature de Frankenstein, les crânes, l'homme poisson, les chauve-souris, les épées sanguinolentes, les araignées, les driades, les cerveaux volants, les renards, les gargouilles, les poissons et têtes de poissons, le cerbère, différents types de démons, l'ectoplasme, le golem, la sorcière, le nécromancien, l'homme-boue, le gremlin, une harpie, la Mort, le minotaure, méduse, quelques loups, des panthères et chevaux, des jaguars-garous, des ours, les dragons jumeaux, des taureaux, une succube et Dracula pour finir. Pfffffiouuu...
On trouve aussi dans le jeu une arène de combat qui contient 17 salles bourrées d'ennemis où vous trouverez des cartes qui ne sont que là !
La carte est immense mais le jeu est linéaire car même si on peut se promener un peu partout, il faut acquérir certaines capacités pour franchir tel ou tel passage et étendre son champ d'action.
Au début, le jeu est assez facile, on avance vite, on frappe bien assez fort mais ça commence peu à peu à se corser avec les 3e/4e zones et les premiers vrais boss qui ne s'en laissent pas toujours compter. La sauvegarde est bienvenue.
Cinq fois sur ta GBA tu reviendras !
Une fois le jeu terminé, vous pourrez le refaire en étant magicien (le premier mode étant équilibré: le vampire killer). En inscrivant FIREBALL comme nom de personnage, on devient magicien avec un héros moins puissant mais plus axé sur les magies. C'est plus difficile...
Le jeu terminé en magicien et en entrant GRADIUS, vous passerez en mode Fighter avec peu de magie et beaucoup de puissance physique.
Le jeu terminé en fighter et en entrant CROSSBOW, vous pourrez refaire le jeu en Shooter avec peu de puissance mais beaucoup d'endurance et des armes de jets (la dague notamment) bien plus efficaces.
Le jeu terminé en shooter et en entrant DAGGER, vous deviendrez un Thief avec des capacités limitées mais une chance énorme. La quête d'objets est la seule issue...
Globalement, la durée de vie est correcte avec 8-9 heures pour la première partie terminée en vampire killer. Je suis allé jusqu'au niveau shooter mais pas au Thief (ou pas encore).
Après avoir retrouvé votre condisciple et affronté Dracula en personne, vous arriverez à une fin du jeu, bien méritée:
- Spoiler:
Mon avis: Excellent retour de Castlevania sur GBA avec un Circle of the moon très prenant, très bien pensé et équilibré, un peu RPG et novateur... A préférer sur écran rétroéclairé !
SCENARIO : on incarne Nathan Graves et on va sauver son maître et son pote en affrontant Dracula et sa clique...
GRAPHISMES : c'est bien foutu, coloré, soigné mais un peu sombre. Animation agréable bien que Nathan soit un peu rigide.
SONS : les musiques sont jolies mais un peu répétitives pour certaines, les bruitages et les voix sont agréables.
DUREE DE VIE: Carte immense, le côté RPG, la magie, les cartes, 5 manières de rejouer la partie... impressionnant !
JOUABILITE : rien à dire, c'est excellent !
NOTE: 9/10